13


  • Tender
  • Bugman
  • Coffee & TV
  • Swamp Song
  • 1992
  • B.L.U.R.E.M.I.
  • Battle
  • Mellow Song
  • Trailer Park
  • Caramel
  • Trimm Trabb
  • No Distance Left To Run
  • Optigan 1


    Paroles ici

    Sixième album du groupe, cet album a pu surprendre et déconcerter nombre d'amateurs et de fans de Blur.

    Même si, au fond, 13 n'est que la suite "logique" de Blur, poussant encore plus loin dans l'expérimentation, sa réalisation et son "look" musical final sont très éloignés de ce que le groupe a pu faire auparavant.

    D'autres titres ont été proposé pour cet album, tels que: "Blue" et "When You're walking Backwards to Hell, No-One Can See You But God."
    En effet, Blur s'est donc pour cet album séparé de leur collaborateur de longue date: le producteur Stephen Street qui les produisait depuis leur débuts, c'est à dire Leisure. Ils ont embauché William Orbit, producteur renommé et dernier cri , qui est notamment responsable de Ray Of Light de Madonna, des albums de Beth Orton et de nombreux autres albums à succès.
    Outre ce changement, les points de départ sont nombreux:
    Pour l'écriture, la rupture de Damon avec Justine Frischmann, chanteuse du groupe Elastica. On peut attribuer à cela les chansons Tender, No Distance Left To Run et de façon moins évidente, Trailer Park.
    Ensuite, la chanson figurant sur leur precedent LP, I'm Just A Killer For Your Love qui fut enregistrée dans les studios "13" en Islande, le "pays-refuge" de Damon, où il a d'ailleurs acheté un bar, à Reykjavik.

    Beaucoup ont considéré ce 6e LP comme leur meilleur.

    La pochette de l'album est une peinture de Graham, The Apprentice. Alex a pensé en le voyant qu'il s'agissait de lui.
    3 singles sont extraits de 13:
  • Tender (fevrier 99)
  • Coffee & TV (juin 99)
  • No Distance Left To Run (novembre 99)
    Il a été question que Trimmtrabb sorte en single en juin: c'est finalement, C&TV qui a été choisi.

    Cinq version de 13 existent:
    13 (version normale, booklet artworks par Graham) FOODCD29
    13 (Edition limité numerotée. Le boitier est en carton blanc, à l'interieur, une pochette cartonnée, contient un poster de The Apprentice et encore une autre pochette renfermant le disque) FOODCDS29
    13 (promo numéroté) FOODCDDJX29
    13 (Edition Japonaise, avec une chanson bonus I Got A Law). TOCP40109
    Vinyl FOODLP29


    Pour une retranscription des paroles, cliquez ici


    LA PRESSE:

  • Blur est le premier groupe anglais récent à se trouver confronté au jeu du yo-yo du succès. Ses membres éprouvent du coup le désir de cracher dans la soupe tout en ayant envie d'en reprendre. Embarqués malgré eux dans une guerre médiatique que toute la presse a repris en choeur derrière les Anglais, les membres de Blur se sont retrouvés au centre d'un conflit qu'ils n'ont aps déclenché et qu'ils ont perdu sans même avoir ouvert les hostilités. En fait, ils ont découvert que le rock est infesté de parasites qui n'écoutent pas les disques. Maintenant, et depuis deux albums, le groupe se concentre sur cette autre musique, essaie de rejouer le meilleur de ce qui fit les jours de gloire du rock psychédélique anglais. Dès la première écoute, on sait que Blur a gagné son pari. A la deuxième, ce sont d'autres morceaux en bout d'album qui finissent par révéler le Blur nouveau, ou bien celui qui toujours sommeillé mais que l'on a obligé à se lever.

  • POP INCLASSABLE
    Les galettes expérimentales ont ceci d'ambigu qu'elles oscillent entre découverte et prétention. 13 enfonce le clou du précédent, Blur, déjà dans le même esprit. William Orbit offre au groupe la possibilité de pousser beaucoup plus loin la quête de la face cachée de la pop, ascendant Syd Barrett pour mieux transcender le genre. Sa production intelligente et innovante permet à ce -long- trip d'être hautement envoûtant, quoique peu accessible; en d'autres termes, il faut vouloir y rentrer. Détonnant mélange d'ancien et de moderne, discrétion et finesse du chant, splendides guitares saturées à l'extrême...Damon Albarn, Graham Coxon et les autres jouent contre le temps et se détournent systématiquement de toute accéssibilité automatique. UP! 4/5

  • Brit flop
    Après les bonnes recettes, la bouillie indigeste. Blur ? Bof... Paradoxe. D'ordinaire, on se plaît à fustiger les musiciens paresseux qui se contentent de répéter à l'envi les recettes qui ont fait leur succès. C'est presque exactement le reproche contraire qu'on pourarit adresser ici à Blur, estimable groupe pop britannique qui tente laborieusement de devenir une sorte d'orchestre expérimental. Après le succès commercial des deux albums Parkilfe et The Great Escape, le mignon chanteur Damon Albarn et son équipe s'évertuent à changer d'image et de musique. Refusent d'être plus longtemps assimilés au mouvement Brit-Pop -entité vague et électrique dans laquelle on a réuni des groupes aussi différents qu'Oasis ou Pulp- et cherchent à briser leur réputation d'idoles de midinettes. Louable intention. Hélas, cette fois, c'est Blur et grincement de dents. Hormis le single Tender, une jolie chanson aux accents gospel qui ne devrait pas effaroucher les minettes en question, ce sixième album -curieusement intitulé 13- déconcerte surtout par son manque d'unité et, pire, de musique... Après s'être adjoint les services du producteur à la mode, William Orbit, Blur a grappillé dans tous les styles, toutes les époques: un zeste de Cure par-ci, un soupçon de Syd Barrett par-là, de la musique planante et du rock "lo-fi" (traduction libre: bricolo), de la techno et du trash, de la pop et de la fusion... Résultat, on ne sait plus à quel Blur se vouer: est-ce une oeuvre complexe aux mille et une subtilités à découvrir sur la longueur, ou un ramassis fourre-tout d'apprentis sorciers un peu escros ? Dans le doute, on adoptera une attitude confortablement lâche: attendre la suite... Télérama -Philippe Barbot-

  • Rock&Folk
    Qu'on se rassure, ce n'est pas la guerre des Roses. Ici, à R&F, on discute de Blur, entre gentlemen, à fleurets impeccablement mouchetés. Soit ce groupe, Blur donc, quatuor connu pour sa Brit-pop impeccable, chansonnettes autrefois imparables, dignes d'une espèce de rêve Bowie/Madness qui soudain se mêle d'évolution. Cela est bon. Règle numéro un: ta pop toujours tu choisiras surprenante. Sauf que cette fois, Blur la voudrait stupéfiante. D'où notre méfiance. Méfiance renforcée à la lecture d'interviews dans lesquelles il est question de chagrin d'amour, soit, et de l'influence de Can (groupe allemand majeur auteur de trois bons disques au début des seventies et devenu référence culte et ultra chic des nouveaux babas cool urbains). Alors 13 fera t-il le malheur de Blur ? Passé les trois premiers titres, un gospel qui désosse le riff de "Give Peace A Chance" (EMI appréciera), un rock qui cannibalise "Suffragette City" et une ritournelle pop plutôt fraîche (Coffee & TV), Blur vire tout à fait malheureusement dans le n'importe quoi érigé en système créatif. Et William Orbit se régale: en veux-tu de l'ocarina, de la cloche tibétaine, de la reverb (Swamp Song), des chambres d'écho, de la wah-wah, de la fuzz, des synthés qui tournent à gauche, à droite, des voix désincarnées qui ânnonent qu'on va voir ce qu'on va voir (...), des micros de Strato raclés/violentés comme dans le premier Roxy (Battle). Le tout alternant avec de cafardeuses ballades (1992) ânnonées sur des guitares tristounes. Ce disque est moins un album qu'un gigantesque catalogue de ce que quatre musiciens rendus naïfs par les adducteurs chimiques et un producteur savant fou peuvent traficoter avec un temps de studio illimité et tous les moyens du monde. Un mot, un seul résume le résultat: ennui. Mais alors là, beaucoup, hélas. Philippe Manoeuvre *
    Tout commence par une chanson. Tender, chevrotée, claps karmiques instantanés et Damon qui chante gospel pas tarte. Un single pas si facile, barge et hippie, début d'une véritable prise de Beck. Suit Bugman, guitare fuzz faciale, "Song 3" pourrait-on écrire, métallucinante pop de hangar, suffragette poudrée aux yeux, écorchée vive. Coffee & TV est un premier folk-rock sec en dépit des contresens avec un refrain casse-gueule et solo roxique. Tout comme 1992, les drawbars en bataille, ballade menthol d'un malade mental, constellée de frissons progressifs qui lacèrent des frasques assumées de bruit blanc. Du Pierre Henry meulé à la roulette, du fil à retordre. Quatre envahisseurs à la renverse contre-attaquent pendant Battle, qui ploie sous une DCA de VCO enfin lâchés. Il flotte là un air de pays tiède, un voltage dévie et une voix se mixe au-delà des rétentions. Intact. L'ocarina décale Mellow Song, où Graham Bird meets baby Coxon. Elle est ardue pour tout brouiller, cette pop subie et subite à la Nirvana. Iggy propre en tête, Damon alpague et traque l'uneasy listening, sa petite musique de chanvre. Un loop loupé passe Trailer Park au cirage freestyle. Caramel, slow mis en William Orbit, se laisse étouffer par des bourrelets de guitares gluants et accueille adns un cauchemar mal étreint une mosaïque techno-punk. Trimm Trabb et No Distance Left To Run moulent des vers de plastique que stressent les changements d'accord noueux. L'album s'achève comme du U2 roulé dans la sciure, du Lou Reed à trois francs si saoul, un vrai calvaire à souder. La pop, même écrite à l'envers (pop), le reste contre tout. Jérôme Soligny ****